Pétrole en Côte d’Ivoire : Ahoua Don Mello interroge le partage des richesses du champ Baleine

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L’homme politique ivoirien Ahoua Don Mello relance le débat sur la gestion des ressources pétrolières en Côte d’Ivoire, à travers une analyse critique du partage des revenus issus du champ offshore Baleine entre la société nationale PETROCI et ses partenaires étrangers (ENI, Vitol, SOCAR).
Dans une tribune largement commentée, il s’interroge sur la capacité réelle de l’État ivoirien à capter la juste valeur de sa manne pétrolière, alors que ce gisement stratégique s’apprête à entrer dans une nouvelle phase de production.
Découvert en 2021 par l’opérateur italien ENI, le champ Baleine est situé à environ 70 km des côtes d’Abidjan, en eaux très profondes. Il est aujourd’hui considéré comme la plus importante découverte pétrolière de l’histoire du pays, avec des réserves estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz associé.
Le développement du champ s’est effectué à un rythme accéléré : production lancée en 2023, montée en puissance en 2024, puis entrée dans une phase d’expansion en 2026 avec l’objectif d’atteindre environ 150 000 barils par jour et une forte production gazière d’ici 2027.
Selon les données évoquées par Ahoua Don Mello, la valeur brute potentielle du gisement, estimée sur la base d’un prix moyen de 70 dollars le baril, avoisinerait les 195 milliards de dollars, pour un investissement global évalué à environ 8 milliards de dollars.
L’expert souligne ainsi un ratio investissement/valeur particulièrement favorable, qui traduirait une rentabilité élevée pour le consortium international engagé dans le projet.
Cependant, son analyse met surtout en lumière la structure de participation dans le projet. Les partenaires étrangers détiendraient environ 77,25 % du capital, contre 22,75 % pour la PETROCI, société nationale ivoirienne.
Sur cette base, il estime que la répartition des revenus placerait la majorité des gains entre les mains des opérateurs internationaux, laissant à l’État ivoirien une part relativement limitée au regard de l’ampleur du gisement.
Dans ses projections, il avance que la part annuelle revenant à PETROCI pourrait avoisiner 568 milliards de FCFA, un montant presque équivalent à l’ensemble du chiffre d’affaires annuel actuel de la société nationale.
Pour Ahoua Don Mello, au-delà des performances techniques du projet Baleine, le véritable enjeu réside dans la maîtrise stratégique des ressources naturelles : « L’enjeu des années à venir sera de savoir quand et comment changer de ligne pour que la Côte d’Ivoire ne se contente plus de voir passer le troupeau, mais apprenne à le capturer », estime-t-il.
I.inter