Transition énergétique : En Côte d’Ivoire, Eni transforme les graines d’hévéa en nouvelle source de revenus pour les producteurs ivoiriens

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Longtemps considérées comme de simples résidus agricoles, les graines d’hévéa pourraient désormais devenir une importante source de revenus complémentaires pour les producteurs ivoiriens. À l’occasion de la 3e Conférence de l’International Network on African Energy Transition (INAET), organisée à Abidjan les 11 et 12 juin, le groupe Eni a présenté un projet innovant de valorisation de ces graines dans le cadre de la transition énergétique.
Développée en partenariat avec les autorités ivoiriennes, cette initiative repose sur un modèle d’économie circulaire permettant de transformer les graines d’hévéa en huile végétale destinée à la production de biocarburants de deuxième génération. Une première mondiale à l’échelle industrielle qui présente l’avantage de ne pas entrer en concurrence avec les cultures vivrières.
Concrètement, les producteurs collectent les graines dans leurs plantations avant de les acheminer vers les coopératives affiliées à la Fédération des producteurs d’hévéa (FPH). Après transformation industrielle, l’huile obtenue est utilisée dans les bioraffineries du groupe Enilive pour la fabrication de carburants durables.
Au-delà de la production énergétique, le projet valorise également les sous-produits issus du processus industriel. Ceux-ci sont utilisés dans l’alimentation animale ou comme combustible dans des programmes de cuisson propre, renforçant ainsi les bénéfices environnementaux et économiques de l’initiative.
Pour Eni, cette approche contribue à réduire les déchets agricoles tout en créant de nouvelles opportunités de revenus pour les exploitants. Elle favorise également le développement d’activités liées à la collecte, à la logistique et à la transformation, générant ainsi de nouvelles perspectives d’emplois au sein de la filière.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie globale du groupe visant à accélérer la transition énergétique à travers le développement de filières durables fondées sur la valorisation des résidus agricoles et des matières premières non destinées à l’alimentation.
Premier producteur africain et quatrième producteur mondial de caoutchouc naturel, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel considérable pour le déploiement de ce type de projet. Avec une production annuelle estimée à près de 1,5 million de tonnes, la filière hévéa représente l’un des piliers de l’agro-industrie nationale aux côtés du cacao.
À travers cette innovation, la Côte d’Ivoire pourrait ainsi renforcer son rôle de laboratoire africain de la transition énergétique tout en offrant de nouvelles perspectives de création de valeur aux producteurs ruraux.
Tadina Christina
