CIMDC 2026 : Abidjan veut faire entendre les priorités africaines sur la mobilité durable et le climat

Vues 2 995
À quelques semaines des prochaines négociations climatiques internationales, Abidjan s’apprête à accueillir, du 19 au 22 octobre 2026, la Conférence internationale de la mobilité durable et du climat. Avec plus de 1 500 participants attendus de près de 40 pays, cette rencontre ambitionne de faire émerger une vision africaine des transports urbains, articulant transition écologique, financement, innovation et développement territorial.
L’avenir des transports africains ne se joue pas uniquement dans la construction de routes ou l’acquisition de nouveaux véhicules. Il dépend également de la capacité des États et des villes à définir des politiques de mobilité compatibles avec les impératifs climatiques, les contraintes financières et les besoins croissants des populations.
C’est cette équation que la Conférence internationale de la mobilité durable et du climat (CIMDC 2026) entend examiner à Abidjan.
Coorganisée par CODATU, l’AMUGA et Climate Chance, sous l’égide du ministère ivoirien des Transports et des Affaires maritimes, la rencontre bénéficie du haut patronage du vice-président Tiémoko Meyliet Koné et du parrainage du Premier ministre Robert Beugré Mambé.
L’Afrique face à l’équation de la transition des transports
La croissance rapide des villes africaines impose de repenser les modèles de déplacement. Le développement des transports collectifs, l’intégration du transport artisanal, l’électromobilité et l’adaptation des infrastructures aux risques climatiques figurent parmi les défis majeurs.
Les sessions principales des 20 et 21 octobre réuniront experts, responsables gouvernementaux, représentants des villes, entreprises et bailleurs de fonds autour de ces problématiques.
La XIXᵉ Conférence scientifique CODATU, programmée le 19 octobre, apportera en amont une contribution académique et opérationnelle aux débats sur la mobilité urbaine durable en Afrique.
Le partenariat international au service des infrastructures
Le Forum Affaires CIMDC-UE 2026 constituera l’un des rendez-vous économiques majeurs de cette semaine.
Prévu le 20 octobre, il doit connecter les municipalités africaines, les investisseurs et les entreprises autour des projets de transport et des possibilités de coopération.
Cette dimension économique souligne une réalité : la transition vers des mobilités durables nécessite des financements importants, mais aussi des partenariats capables de concilier expertise technique, innovation et besoins locaux.
Les échanges intégreront également les enjeux de biodiversité et de résilience des villes côtières ouest-africaines.
La Déclaration d’Abidjan, une ambition diplomatique
La portée de la CIMDC 2026 se mesurera aussi à sa capacité à faire émerger une position commune sur les priorités africaines.
La Déclaration d’Abidjan, qui doit être nourrie par les contributions scientifiques, techniques et politiques de la conférence, est destinée à être portée dans le cadre des discussions internationales sur le climat, notamment à la COP31.
L’objectif est de mieux faire prendre en compte les réalités des villes africaines dans les réflexions mondiales sur la transition écologique des transports.
Les visites techniques prévues le 22 octobre permettront enfin aux délégations internationales d’observer les projets et infrastructures de mobilité d’Abidjan.
En accueillant cette rencontre, la Côte d’Ivoire ne se positionne donc pas uniquement comme pays hôte. Elle offre également une plateforme de dialogue entre l’Afrique et ses partenaires internationaux sur une question déterminante pour l’avenir du continent : comment construire des villes accessibles, compétitives et résilientes face au changement climatique ?
Tadina Christina
