Urbanisation : la Côte d’Ivoire veut faire de ses villes des moteurs de développement

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Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a appelé à accélérer les investissements dans les infrastructures et l’aménagement urbain pour tirer profit de l’expansion des villes africaines. Cet appel a été lancé jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, lors de la présentation d’un rapport majeur de la Banque mondiale sur l’urbanisation en Afrique subsaharienne.
La croissance rapide des villes africaines impose aux gouvernements de revoir leurs stratégies d’aménagement et d’investissement. En Côte d’Ivoire, le gouvernement entend faire de cette transformation un facteur de croissance économique, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie.
C’est dans cette perspective que le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a plaidé, jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, pour un renforcement des investissements dans les infrastructures urbaines. Il intervenait à l’occasion du lancement officiel du rapport de la Banque mondiale intitulé « L’éveil urbain de l’Afrique subsaharienne, catalyser la croissance économique et la création d’emplois ».
Cette présentation a réuni des membres du gouvernement, des élus locaux, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé, autour des réponses à apporter à l’expansion démographique des villes du continent.
BRT, métro et grands ouvrages au cœur de la stratégie ivoirienne
Le chef du gouvernement a réaffirmé la volonté de l’État de s’appuyer sur des projets d’envergure pour accompagner la transformation urbaine du pays. Parmi les initiatives évoquées figurent le système de transport rapide par bus (BRT), le métro d’Abidjan, le pont de Loka, le franchissement du canal de Vridi et le projet de train à grande vitesse reliant Abidjan au nord du pays.
Pour Robert Beugré Mambé, ces investissements ne doivent pas être considérés comme de simples dépenses d’équipement, mais comme des leviers capables de stimuler plusieurs secteurs de l’économie.
« Investir dans la construction et l’aménagement urbain constitue un puissant multiplicateur économique. Un franc investi dans le logement et l’aménagement urbain génère plus de quatre francs dans l’économie », a-t-il indiqué.
Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance des villes, de mobiliser davantage de capitaux privés et de mieux intégrer les attentes des populations dans les projets d’aménagement.
Plus de 55 % de la population ivoirienne vit en ville
La progression de l’urbanisation constitue également un défi majeur pour les autorités ivoiriennes. Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a rappelé que le taux d’urbanisation du pays est passé de 32 % en 1975 à plus de 55 % actuellement.
Face à cette évolution, il a défendu une approche fondée sur l’anticipation et la planification. Selon lui, l’urbanisation doit être organisée pour éviter qu’elle ne se traduise par une accumulation de difficultés en matière de logement, de mobilité et d’accès aux services essentiels.
« La planification urbaine n’est pas seulement un exercice réglementaire, elle constitue également un instrument de programmation des investissements et de maîtrise du coût futur de l’action publique », a-t-il expliqué.
L’Afrique subsaharienne comptera 1,7 milliard de citadins en 2050
Les projections présentées par la Banque mondiale donnent la mesure des transformations à venir. La population urbaine d’Afrique subsaharienne, estimée à 170 millions d’habitants en 1975, a atteint 913 millions en 2025. Elle devrait s’élever à 1,7 milliard en 2050, soit 748 millions de citadins supplémentaires.
Pour Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, cette évolution nécessite une planification anticipée et concertée.
« L’Afrique n’a pas un problème d’urbanisme, elle a un défi de production urbaine, et nous devons le relever aujourd’hui, ensemble », a-t-elle déclaré.
L’enjeu est de construire des villes capables d’accueillir cette croissance tout en soutenant l’activité économique et en améliorant durablement le cadre de vie des populations.
La transition urbaine, une étape décisive pour les économies africaines
Mark Roberts, économiste en chef de la Banque mondiale et coauteur du rapport, a souligné le rôle déterminant de l’urbanisation dans les trajectoires de développement des pays.
« Aucun pays n’a jamais atteint le statut de pays à revenu élevé sans avoir également réussi sa transition urbaine », a-t-il affirmé.
À travers cette étude, la Banque mondiale met en évidence la nécessité pour les pays africains de mieux exploiter le potentiel économique de leurs villes. La réussite de cette transition dépendra notamment de la qualité de la planification, de la disponibilité des infrastructures et de la capacité à transformer la croissance urbaine en activités productives et en emplois.
Tadina Christina
