Côte d’Ivoire : les convocations de cinq cadres du PPA-CI relancent le débat sur l’apaisement politique

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Cinq responsables du parti de Laurent Gbagbo sont attendus devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan entre le 15 et le 23 octobre 2026. Le PPA-CI conteste le contexte de ces procédures et plaide pour un dialogue politique inclusif, tandis que les faits précis liés aux convocations restent à documenter.
Les relations entre le pouvoir et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) sont de nouveau marquées par une séquence judiciaire. Dans une déclaration rendue publique le 15 octobre 2026, la direction du parti annonce la convocation de cinq responsables devant le 8ᵉ cabinet d’instruction de la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan.
Les personnes concernées sont Daniel Billaud Zéréhoué, attendu le 15 octobre à 9 heures, Emmanuel Ackah, convoqué le 16 octobre à midi, Koua Justin, le 19 octobre à 9 heures, Dahi Nestor, le 21 octobre à 11 heures, et Fabrice Lago, le 23 octobre à 9 heures. Selon le PPA-CI, les convocations ont été déposées à son siège le 14 octobre.
Le parti ne fournit pas de précisions sur les faits reprochés individuellement aux cinq cadres. Cette absence d’éléments détaillés impose de distinguer les informations relatives aux convocations des appréciations politiques avancées par la direction.
Un contexte judiciaire et politique sensible
Les convocations interviennent après la comparution, le 12 octobre, de Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, placé sous contrôle judiciaire selon le parti. La formation rappelle également les convocations de Laurent Gbagbo et de Justin Koné Katinan le 10 septembre, ainsi que les menaces d’arrestation qu’elle attribue au procureur de la République, Braman Koné, à l’encontre de Me Habiba Touré.
La direction cite plusieurs responsables qu’elle présente comme détenus, dont Damana Adia Pickass, Koné Boubacar, Charles Rodel Dosso, Joël Kéké et Ny Blaise Lasm. Elle précise que Koua Justin est sous contrôle judiciaire et que Dahi Nestor est incarcéré. Ces situations distinctes ne peuvent être assimilées à une même mesure judiciaire.
Le PPA-CI affirme que les opérations d’arrestation depuis la présidentielle d’octobre 2025 ont conduit à l’incarcération de plus de 1 600 personnes. Il mentionne également cinq décès en détention dont les causes ne seraient pas établies. Ces chiffres et affirmations relèvent de sa déclaration et nécessitent une vérification indépendante.
Le dialogue politique au cœur des revendications
La formation politique qualifie les procédures de « harcèlement judiciaire », demande la libération des personnes qu’elle considère comme des détenus politiques et invoque la loi du 16 juin 2005 relative au statut des anciens présidents de la République et d’autres anciens responsables publics. La conformité des procédures à ce texte ne peut toutefois être appréciée sans examen de ses dispositions et des dossiers concernés.
Au-delà du contentieux judiciaire, le parti appelle le gouvernement à rétablir les conditions d’un dialogue politique inclusif. Cette demande s’inscrit dans les revendications portées par le Front commun, alliance entre le PPA-CI et le PDCI-RDA, qui a notamment réclamé une réforme de la Commission électorale indépendante, un audit de la liste électorale et la réintégration de personnalités politiques exclues.
Le gouvernement a également évoqué, le 14 octobre, plusieurs affaires liées à des faits survenus en 2025 : une tentative d’incendie d’une installation gazière près de Jacqueville, des incendies de bus de la SOTRA et l’assassinat d’un gendarme. Son porte-parole a suggéré que les auteurs matériels présumés avaient pu agir sous l’influence d’autres personnes, tout en refusant de commenter le contenu de l’instruction judiciaire.
La suite de cette séquence dépendra notamment de l’évolution des procédures et de la clarification des faits reprochés. Dans un contexte politique sensible, la transparence judiciaire, le respect des droits de la défense et la possibilité d’un dialogue entre acteurs politiques constituent des enjeux majeurs pour l’apaisement national.
Kom Firmin
