Mangue : la Côte d’Ivoire doit transformer les alertes phytosanitaires en garanties vérifiables

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La reprise des exportations de mangues vers l’Union européenne dépendra de la capacité de la Côte d’Ivoire à démontrer l’efficacité de son dispositif phytosanitaire. Les alertes antérieures à la suspension et les observations européennes sur les systèmes de contrôle rendent désormais indispensable une évaluation transparente des réformes annoncées.
Le gouvernement ivoirien ambitionne de rétablir les exportations de mangues fraîches vers l’Union européenne dès la campagne 2027. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a présenté, le 15 octobre 2026, un programme comprenant une enveloppe de 3,5 milliards de FCFA, un renforcement de la surveillance des vergers, la traçabilité des lots et une sélection plus stricte des opérateurs.
La crédibilité de cette stratégie doit cependant être appréciée à la lumière des constats antérieurs.
Dans son compte rendu de septembre 2025, la Commission européenne avait relevé des problèmes transversaux dans les systèmes de contrôle des pays exportateurs audités, dont la Côte d’Ivoire. Les observations portaient notamment sur la vérification de l’application des approches systémiques, le suivi en temps réel et la réponse aux non-conformités. Il s’agit d’un constat institutionnel portant sur plusieurs pays, et non d’une conclusion établissant une responsabilité individuelle ivoirienne.
En mai 2026, des médias locaux ont par ailleurs signalé une multiplication des interceptions de cargaisons ivoiriennes et des mesures urgentes prises par les autorités nationales. Les 27 lots interceptés annoncés par le ministre pour l’ensemble de la campagne confirment l’ampleur du défi, sans suffire à mesurer le taux de non-conformité faute de données complètes sur les volumes expédiés.
La réforme doit être mesurable
L’extension de la régulation du Conseil Coton-Anacarde à la filière mangue, adoptée en Conseil des ministres le 23 septembre 2026, constitue une évolution institutionnelle officielle. Son impact dépendra toutefois de la répartition effective des responsabilités, des moyens de contrôle et de la publication de résultats vérifiables.
La même exigence vaut pour les 3,5 milliards de FCFA annoncés et les exclusions d’opérateurs. Un dispositif crédible devra permettre de suivre les dépenses, de contrôler la couverture des vergers, d’identifier les causes des interceptions et de vérifier l’application des mesures correctives.
La reprise en 2027 demeure un objectif conditionnel, puisque l’évaluation du dispositif révisé relève aussi des autorités européennes.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est désormais de démontrer que les alertes précédentes ont débouché sur une amélioration durable. La confiance commerciale se construit sur la qualité des contrôles, la transparence des résultats et la capacité des institutions à rendre compte de leur action.
I.inter
