Indemnisations après la peste porcine africaine : l’UNASCEPORCI interpelle l’État sur 15 milliards de FCFA de pertes

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L’Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire demande l’application du dispositif d’indemnisation des abattages sanitaires et la mise en place de mesures de relance. Selon l’organisation, 108 000 porcs ont été abattus et les producteurs concernés n’ont toujours pas perçu de compensation, deux ans après la crise.
La question de l’indemnisation des éleveurs touchés par la peste porcine africaine demeure au centre des préoccupations de la filière porcine ivoirienne. Lors d’une conférence de presse tenue le samedi 24 octobre 2026 à Yopougon, l’Union nationale des sociétés coopératives des éleveurs de porcs de Côte d’Ivoire (UNASCEPORCI) a appelé le gouvernement à accélérer le règlement des compensations liées aux abattages sanitaires.
L’organisation estime les pertes à 15 milliards de FCFA. Elle fait état de 108 000 porcs abattus, de 1 500 familles fragilisées et de huit décès parmi les éleveurs. Son président, Nawoya Germain, affirme qu’aucun producteur concerné n’a encore été indemnisé.
Le décret de 2022 au cœur de la revendication
Pour soutenir sa demande, l’UNASCEPORCI se réfère au décret n° 2022-352 du 1er juin 2022, qui fixe les conditions d’indemnisation des propriétaires d’animaux abattus pour des raisons sanitaires.
Selon Nawoya Germain, les montants doivent être déterminés à partir de la valeur marchande des animaux et les paiements intervenir dans un délai maximal de huit mois. « L’éleveur sacrifie et l’État indemnise », a-t-il déclaré, en plaidant pour la mise en œuvre des compensations attendues.
L’Union estime que la proposition de 4 milliards de FCFA attribuée à l’État ne couvre pas suffisamment les pertes annoncées. Elle avance un calendrier en deux étapes : un premier versement dans un délai de 30 jours, puis le règlement du solde dans les 60 jours suivants.
Elle demande également un traitement prioritaire des droits des éleveurs décédés et la création d’un fonds dédié aux indemnisations en cas d’abattage sanitaire.
Des mesures d’accompagnement pour restaurer les capacités de production
L’UNASCEPORCI considère que la compensation financière doit s’accompagner d’un dispositif de relance des exploitations. Elle recommande notamment le report des échéances bancaires, la facilitation de l’accès aux reproducteurs dans le cadre de projets de soutien et la réduction des taxes à l’importation.
Le renforcement des capacités de stockage figure aussi parmi les priorités avancées par l’organisation. Celle-ci préconise la mise à disposition de conteneurs et de chambres froides afin d’améliorer la conservation des productions.
Ces propositions visent à soutenir les exploitants confrontés aux difficultés financières et à la suspension de certaines activités. Elles soulèvent également la question des moyens nécessaires pour préserver les capacités de production de la filière.
Réduire la vulnérabilité de la filière porcine
Selon Nawoya Germain, 90 % de la viande consommée en Côte d’Ivoire serait importée, contre 10 % issue de la production locale. Ces chiffres, communiqués par le président de l’Union, servent à souligner l’enjeu économique d’une relance des élevages nationaux.
Pour les producteurs, le règlement des indemnités permettrait de compenser les pertes causées par les mesures sanitaires et de créer les conditions d’une reprise. Le financement du renouvellement des cheptels, l’allègement des contraintes financières et l’amélioration des infrastructures de conservation sont présentés comme des leviers complémentaires.
L’attente porte désormais sur les suites que les autorités donneront aux revendications de l’UNASCEPORCI. L’enjeu est double : répondre aux pertes déclarées par les éleveurs et déterminer les mécanismes de soutien susceptibles de renforcer la résilience de la production porcine ivoirienne.
I.inter
