Lutte contre le paludisme : le projet Nectar explore les plantes africaines contre les moustiques résistants

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Face à la résistance croissante des moustiques aux insecticides traditionnels, des chercheurs ont lancé, mercredi 26 août 2026 à Abidjan, le projet Nectar, une initiative scientifique destinée à identifier de nouvelles molécules capables de lutter plus efficacement contre les vecteurs du paludisme.

Le projet est piloté par le Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), en partenariat avec l’Université de Purdue aux États-Unis, la société Enveda, la Fondation Bill & Melinda Gates et l’Université Nangui Abrogoua.

Selon le professeur Benjamin Koudou, coordinateur du projet, les produits chimiques utilisés actuellement montrent leurs limites en raison du développement de résistances chez les moustiques. Les chercheurs entendent donc explorer une autre voie : la richesse de la pharmacopée africaine.

Une quinzaine de plantes médicinales locales ont été ciblées et cinq d’entre elles doivent prochainement faire l’objet de collectes sur le terrain. Sur une durée de 22 mois, les scientifiques espèrent identifier, dans les 12 à 15 premiers mois, deux ou trois plantes présentant une forte efficacité insecticide.

Les molécules les plus prometteuses pourraient ensuite servir au développement de nouveaux produits destinés notamment à la pulvérisation intra-domiciliaire et à l’imprégnation de moustiquaires de nouvelle génération. Le projet pourrait également contribuer à la lutte contre d’autres maladies vectorielles comme la dengue et la fièvre jaune.

Une recherche encadrée par le Protocole de Nagoya

La Côte d’Ivoire est présentée comme le seul pays africain intégré à ce consortium international. Pour Deborah Attolini, chargée d’affaires de l’ambassade de Suisse en Côte d’Ivoire, cette coopération constitue une forme de « diplomatie scientifique ».

Le projet est par ailleurs soumis au Protocole de Nagoya, qui encadre l’utilisation des ressources génétiques et biologiques. Les chercheurs devront notamment garantir le consentement des communautés concernées et assurer une traçabilité rigoureuse des ressources utilisées.

À terme, Nectar ambitionne ainsi de transformer certaines ressources de la pharmacopée africaine en solutions scientifiques innovantes contre les moustiques résistants, tout en valorisant durablement le patrimoine biologique ivoirien.

I.inter