Orpaillage illégal : le PDCI-RDA alerte sur une « menace écologique et sanitaire majeure »

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Le porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire–Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), Bredoumy Soumaïla, a tiré la sonnette d’alarme, mardi 4 août 2026, sur les conséquences environnementales, économiques et sociales de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Lors d’une sortie médiatique à Abidjan, il a dénoncé la « cupidité » et la « négligence » de certains responsables politiques, administratifs et locaux, qu’il accuse de contribuer à l’expansion du phénomène.

« La pratique cupide de cette activité bénéficie de la complicité de certains responsables coutumiers, de certains élus et cadres », a déclaré le porte-parole du PDCI-RDA. Selon lui, l’administration, tant au niveau local que central, « n’est pas exempte de toute culpabilité » dans la persistance de cette activité clandestine.

Bredoumy Soumaïla a dressé un tableau préoccupant des dommages causés aux écosystèmes. Il a évoqué des terres « exondées, décapées, privées de leurs couverts végétaux » et exposées à la contamination par des métaux lourds toxiques.

« Tous nos fleuves, toutes nos rivières, tous les marigots sont atteints », a-t-il affirmé, soulignant que certaines eaux, devenues « lourdes, voire stagnantes », présentent désormais des teintes jaunâtres ou brunâtres et seraient impropres à la consommation.

Le responsable politique a rappelé que le PDCI-RDA avait, à plusieurs reprises, alerté le gouvernement sur les risques liés à l’orpaillage clandestin. Il a toutefois regretté que ces mises en garde aient été, selon lui, qualifiées de « xénophobes et d’ivoiritaires ».

Abordant la question du profil des acteurs impliqués dans cette activité, il a soutenu que les autorités reconnaissent aujourd’hui que « 95 % » des pratiquants seraient issus d’autres horizons.

Au-delà des atteintes à l’environnement, Bredoumy Soumaïla a évoqué les répercussions sociales et sécuritaires du phénomène. « Cette pratique alimente le banditisme, les viols, la consommation de la drogue, le blanchiment d’argent et l’insécurité », a-t-il déclaré.

Il a également estimé que la Côte d’Ivoire perdrait chaque année plus de 3 000 milliards de francs CFA en raison de l’orpaillage illégal. Le PDCI-RDA appelle ainsi les autorités à renforcer la lutte contre ce fléau afin de préserver les terres agricoles et les ressources hydriques du pays.

« Si cette pratique n’est pas jugulée, nous courrons indéniablement vers une famine généralisée, couplée à des incidences sanitaires et écologiques », a averti le porte-parole du parti, appelant le gouvernement à « prendre le taureau par les cornes » avant que les terres cultivables et les ressources en eau ne soient durablement compromises.

I.inter