Pretoria : Kémi Séba devant la justice sud-africaine, entre accusations de séjour irrégulier et tensions diplomatiques

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L’activiste panafricaniste Kémi Séba comparaît ce lundi 20 avril 2026 devant la justice sud-africaine, dans une affaire complexe mêlant soupçons de migration irrégulière, contestations sur son statut administratif et perspectives de procédure d’extradition.
Arrêté le 13 avril à Pretoria en compagnie de son fils et d’un ressortissant sud-africain, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba, est soupçonné par les autorités policières d’être lié à un réseau présumé de facilitation de passages clandestins vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo, avec pour objectif final supposé de rejoindre l’Europe. Lors de l’opération, les forces de l’ordre ont indiqué avoir saisi plusieurs téléphones portables ainsi qu’une somme d’environ 318 000 rands en espèces.
Présentés une première fois le 15 avril devant le tribunal de première instance de Brooklyn à Pretoria, les trois suspects ont été placés en détention provisoire. L’affaire a été renvoyée au 20 avril pour une nouvelle audience destinée à préciser la suite de la procédure judiciaire.
Sur le plan diplomatique, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a apporté des éléments de clarification, indiquant que l’activiste détient un passeport diplomatique nigérien « régulièrement attribué ». Selon lui, la mission diplomatique du Niger à Pretoria a été sollicitée par les autorités sud-africaines uniquement pour vérifier l’authenticité du document.
Le chef de la diplomatie nigérienne précise également que, d’après les informations communiquées à Niamey, la détention serait liée à un dépassement de séjour sur le territoire sud-africain. Il affirme que les autorités suivent le dossier sur la base des informations officielles disponibles, tout en évoquant une possible évolution de la situation.
Par ailleurs, les unités sud-africaines de lutte contre la criminalité organisée, en collaboration avec Interpol, ont indiqué que Kémi Séba ferait également l’objet de recherches au Bénin dans le cadre d’affaires liées à des atteintes à la sûreté de l’État, en lien présumé avec des événements politiques survenus en décembre dernier. Dans ce contexte, des procédures d’extradition vers Cotonou seraient en cours, selon les autorités sud-africaines.
L’audience de ce 20 avril est donc très attendue, tant pour clarifier les chefs d’accusation que pour déterminer les prochaines étapes judiciaires dans un dossier désormais à forte dimension internationale.
I.inter
