Sénégal : Ousmane Sonko appelle à l’apaisement et critique la gestion du pouvoir exécutif

Vues 5 014
Dans une intervention à forte portée politique, Ousmane Sonko a exprimé de vives préoccupations sur le fonctionnement actuel des institutions sénégalaises, appelant les acteurs au pouvoir à adopter une approche plus responsable et concertée.
Selon lui, certaines perceptions autour des prérogatives présidentielles seraient trompeuses et pourraient nourrir des tensions inutiles au sommet de l’État. Il estime qu’il est essentiel de rappeler les limites réelles du pouvoir exécutif dans l’architecture institutionnelle actuelle.
« Il faut qu’il sache qu’on le trompe quand on lui dit : “c’est toi le président, tu as tous les pouvoirs”. Il n’a pas tous les pouvoirs », a-t-il affirmé, invitant à une lecture plus équilibrée des responsabilités politiques.
L’ancien chef de gouvernement plaide pour un retour au dialogue entre les différentes autorités, estimant que les divergences actuelles doivent être gérées dans un cadre de responsabilité et de retenue afin d’éviter toute dérive.
« Il faut qu’il redescende de son pied de scène et qu’on se parle en responsable, dans l’intérêt de ce pays », a-t-il ajouté, mettant en garde contre les risques d’une escalade politique susceptible de fragiliser la stabilité nationale.
Ousmane Sonko a également évoqué le processus de formation du gouvernement, qu’il juge préoccupant dans certaines de ses modalités, estimant que les choix effectués devraient davantage refléter la cohérence des orientations politiques.
Il a par ailleurs appelé le chef du gouvernement à se limiter à une fonction strictement technique, estimant que son rôle devrait rester en dehors des logiques politiques.
« Monsieur le Premier ministre, restez à votre place », a-t-il lancé, tout en soulignant avoir, jusqu’ici, privilégié une attitude de retenue et de courtoisie.
Pour lui, la priorité demeure la préservation de la stabilité du pays. Il met en garde contre toute dynamique susceptible d’entraîner le Sénégal dans une crise politique, alors que, selon lui, la population aspire avant tout à la sérénité et à l’efficacité de l’action publique.
Cette sortie intervient dans un climat politique marqué par des débats persistants sur la répartition des pouvoirs et la gouvernance de l’exécutif, relançant les discussions sur la cohésion au sommet de l’État.
I.inter
