Consensus d’Abidjan : la Côte d’Ivoire impulse une nouvelle architecture financière pour accélérer le développement africain

Vues 2 496

Vues 2 496
La Côte d’Ivoire franchit une étape stratégique dans la refonte du financement du développement en Afrique. Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a proclamé le 9 avril 2026 la Déclaration du Consensus d’Abidjan, consacrant la mise en place d’une Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
Portée par le Banque africaine de développement et placée sous le haut patronage du président Alassane Ouattara, cette initiative marque un tournant avec l’adoption de 11 résolutions destinées à transformer en profondeur les mécanismes de financement du continent.
Les travaux, ouverts par le Premier ministre Robert Beugré Mambé et conduits par le président de la BAD, Sidi Ould Tah, ont réuni à Abidjan les principaux acteurs du secteur financier africain et international : banques centrales, fonds souverains, institutions financières et régulateurs.
Au cœur des réflexions, un déséquilibre majeur : malgré une épargne africaine estimée à 4 000 milliards de dollars, le continent accuse un déficit annuel de financement dépassant 400 milliards de dollars. Une contradiction que la nouvelle architecture entend corriger en repensant l’organisation du système financier.
La NAFAD repose ainsi sur une approche structurée autour de trois leviers essentiels : la réorganisation du système financier, la mobilisation accrue des ressources internes et leur allocation efficace vers des projets à fort impact. Neuf laboratoires thématiques ont été mis en place pour traduire ces ambitions en actions concrètes.
Parmi les priorités identifiées figurent la mobilisation de l’épargne domestique au profit de l’investissement productif, ainsi que la mise en œuvre de mécanismes innovants de partage des risques pour attirer davantage de capitaux privés.
Dans cette dynamique, Sidi Ould Tah a annoncé la création d’un forum annuel chargé d’évaluer les progrès et d’assurer la coordination des actions à l’échelle continentale.
Pour Souleymane Diarrassouba, ce consensus constitue une avancée décisive vers une souveraineté financière africaine, capable de financer sa propre transformation. Il a également mis en avant l’engagement de la Côte d’Ivoire, dont le Plan national de développement 2026-2030 repose en grande partie sur la contribution du secteur privé.
À travers cette initiative, Abidjan confirme son rôle de plateforme stratégique dans la construction d’un modèle économique africain plus autonome, mieux coordonné et orienté vers une croissance durable.
Tadina Christina