Secrétariat général de l’ONU : pourquoi Macky Sall a choisi de jeter l’éponge

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L’ancien président sénégalais Macky Sall a retiré sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, le samedi 17 octobre 2026, après un vote indicatif défavorable au Conseil de sécurité. Au-delà de cette décision, son retrait illustre le poids des alliances internationales dans la désignation du chef de l’ONU et relance les interrogations sur la stratégie de représentation de l’Afrique dans les instances mondiales.
Le verdict du Conseil de sécurité aura finalement pesé dans la décision de Macky Sall. Candidat à la succession d’António Guterres, l’ancien chef de l’État sénégalais a annoncé son retrait au lendemain d’un vote indicatif qui ne lui a pas permis de réunir un soutien suffisant. Selon les résultats rapportés, il a obtenu cinq avis favorables contre dix défavorables, dont trois émanant de membres permanents de l’instance.
Dans sa déclaration, Macky Sall a invoqué un « profond sens des responsabilités », affirmant vouloir faciliter l’émergence d’une candidature consensuelle. Il a également fait état de consultations informelles laissant apparaître une préférence pour une personnalité originaire d’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement une femme.
Cette décision intervient après des échanges avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine (UA), qui avait parrainé sa candidature, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui l’avait soutenue.
Un scrutin défavorable, un choix pragmatique
Les résultats du vote indicatif ont révélé les difficultés de Macky Sall à convaincre les membres du Conseil de sécurité. La Costaricienne Rebeca Grynspan est arrivée en tête avec neuf avis favorables, suivie notamment de l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Toutefois, ce classement ne vaut pas désignation. Les votes indicatifs permettent aux membres du Conseil d’évaluer les candidatures avant la recommandation officielle. Pour être retenu, un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables sur quinze et ne pas faire l’objet d’un vote négatif d’un membre permanent lors de cette étape formelle.
La présence de trois avis défavorables provenant de membres permanents constituait donc un obstacle sérieux pour Macky Sall. Dans un processus où les équilibres entre grandes puissances jouent un rôle central, son retrait peut être compris comme une décision visant à éviter une impasse diplomatique.
L’Afrique face au défi des alliances internationales
Le parcours de Macky Sall met en lumière une difficulté récurrente : le soutien d’États africains à une candidature ne garantit pas son succès au sein d’une instance où les grandes puissances disposent d’un poids déterminant.
Le parrainage de l’Union africaine et le soutien du Sénégal donnaient à sa candidature une dimension continentale. Mais l’accès au secrétariat général de l’ONU exige de convaincre au-delà de son espace régional et de composer avec des intérêts géopolitiques parfois contradictoires.
Ce constat ne signifie pas que la diplomatie africaine est dépourvue d’influence. Il souligne plutôt la nécessité de consolider les alliances, d’harmoniser les positions et de développer une stratégie de négociation capable de mobiliser des soutiens diversifiés.
La question est d’autant plus importante que les États africains réclament une réforme de la gouvernance mondiale, notamment une représentation plus équitable au Conseil de sécurité. Le retrait de Macky Sall remet ainsi en lumière l’écart entre cette ambition et les mécanismes actuels de décision.
Une succession qui reste à arbitrer
En évoquant une préférence pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Macky Sall a livré sa lecture des tendances issues des consultations. Cette indication ne signifie cependant pas qu’un accord définitif existe autour d’un candidat ou d’une région.
La désignation du successeur d’António Guterres demeure soumise aux négociations entre les membres du Conseil de sécurité, puis à la nomination par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil. Dans un contexte international marqué par les conflits, les rivalités stratégiques et les difficultés financières, le choix du prochain secrétaire général revêt un enjeu majeur pour l’avenir de l’organisation.
Malgré son retrait, Macky Sall a réaffirmé son engagement en faveur de la paix, du développement et de la coopération internationale. Il a également appelé à une transformation profonde des Nations unies et invité l’Afrique à poursuivre ses efforts pour mieux faire entendre sa voix.
Au final, le retrait de Macky Sall constitue davantage qu’un revers individuel : il rappelle que l’influence internationale ne repose pas uniquement sur le profil d’un candidat ou sur les soutiens de sa région d’origine. Elle dépend aussi de la capacité à construire des compromis durables dans un système où les rapports de force restent déterminants. Pour l’Afrique, le défi consiste désormais à faire de ses revendications de réforme un levier diplomatique plus efficace.
Tadina Christina
